La trahison

Faire confiance.
Être entendue.
Exister.
Trois choses que tu m’as enlevées.

Mais je te le promets, je vais guérir. Parce que tu ne mérites pas que je souffre à cause de toi. Ça non. Et je l’ai su, dès l’instant où tu as attrapé mes bras, que tu m’as dit « Non, j’te lâche pas. »

Ce coup de téléphone…
« J’avais le goût de faire quelque chose et je me suis dit : pourquoi pas Nat? »
J’ai douté…
« T’inquiète pas, c’est entre amis! Tu es une bonne amie pour moi! »
Ce mot « ami ». Tu l’as détruit. En as-tu conscience?

Et ce sourire quand je suis entrée dans ta voiture. Quel acteur tu étais! Es-tu encore comme ça?
Par hasard, une caisse de bière.
Par hasard, une idée soudaine.
Et j’ai accepté.
Parce que je t’ai fait confiance.

Tu as attendu.
Que j’aie bu.
Que je sois fatiguée.
Que rien ne puisse nous déranger.
Tu t’es mis à genoux devant moi.
Insistant mais tendre.
Refusant mes paroles, mais habile.

Un ami tu disais.
Et moi qui me trouvais stupide de t’avoir fait confiance.
Oui… c’était moi la stupide. Dès ce moment.

Baisser les bras.
Qui n’a jamais fait ça?
Mais tu ne t’es pas arrêté là.
Si ce n’était que de ça, on n’en parlerait pas.

La confiance…
Tu l’as vraiment brisée,
Au moment où j’ai cessé d’exister,
Où j’ai insisté pour que tu me lâches et que tu as refusé,
En me regardant, souriant, glorieux comme un paon.
Où tu m’as tenu de force et que tu étais fier,
De me prouver que ta force était supérieure à la mienne,
D’avoir du pouvoir sur moi alors que je refusais,

Nat, tu n’existes pas, c’est de ta faute, tu es tombée dans le piège.

Le reste n’est que honte et dégoût.
Le reste, je n’étais plus là,
Toi, tu étais le roi, le maître, le dieu, le je-ne-sais-pas-quoi,
Sérieux… tu aimais ça?

Mon cerveau éteint,
Ma colère contrôlée,
Ma tristesse refoulée,
Mes yeux qui regardaient le mur.
T’es sûr?
Du plaisir? Des soupirs?

Comment un homme peut-il faire cela?
Comment un humain peut aller jusque-là?
Nous n’étions pas étrangers,
Tu connaissais ma joie, mes rires, mes paroles, ma voix…

Comment pouvais-tu trahir ce qu’il y avait entre toi et moi?
Parce que je n’étais rien… voilà.
On me connaît et on me fait ça.

Explique-moi…
Pourquoi tu as fait ça…
…pourquoi moi?

3 réponses sur “La trahison”

  1. Coucou Nat

    Je vais être sincère (je le suis toujours mais) en ce moment je suis dans le mal et j’ai beaucoup de difficultés à trouver les mots. Malgré cela, je ne peux pas te laisser sans commentaire. Je ne veux pas que tu te sentes seule et que tu penses que tu n’es pas lue. (c’est peut-être stupide comme raisonnement. Certainement même).
    Je ne suis personne pour toi mais j’aimerai sincèrement te prendre dans mes bras un instant pour te dire que nous allons surmonter ces épreuves. Qu’on va y arriver! Mais je ne sais pas si ce sont vraiment ces mots-là que tu attends.

    Je comprends ta colère, je comprends l’injustice que tu ressens bien que nos histoires sont différentes. Je comprends que tu en es marre. Donc voila.. je voulais simplement te dire que malgré mes silences, je te lis et que tu n’es pas seule. De l’autre côté de la planète il y a quelqu’un qui pense à toi 🙂

    Et pour répondre à tes questionnements à la fin de ton article, je vais reprendre les phrases d’une personne intelligente et très sensée.
    « Admettez. Nommez. Je me souviens lorsque la question se posait sans cesse dans ma tête « pourquoi il m’a fait ça? » J’essayais de comprendre. Et ma psychothérapeute m’a simplement répondu « parce que c’est un violeur. » Point. Elle venait de nommer.  »

    Ce qu’il t’ait arrivé n’est pas de ta faute. C’est lui le fautif. C’est lui le connard. C’est lui qui mérite qu’il ait toute la honte du monde sur ses épaules. Pas toi.

    <3

    1. Tu sais quoi? Moi aussi j’ai de la difficulté à trouver les mots… pour te dire à quel point tu me touches. Et tu sais quoi? Tu m’impressionnes, parce que tu sais tellement trouver les bons mots! Tu parles avec le coeur, tu fais preuve d’une telle empathie, je sens que ta compassion est sans limite. Ce qui est merveilleux dans l’épreuve, c’est de construire des liens inestimables. Il n’y a pas que du malheur. Il y a cette solidarité qui me dépasse. Je pense à toi, je suis avec toi, et je te sens avec moi! Tes mots, je les prends, je les garde, et tu sais quoi? Je les relis quand je ne vais pas bien… tu me fais du bien 🙂

      1. Ton message me touche tout autant :$
        Je n’ai pas la sensation de trouver les bons mots pourtant. Je suis heureuse que mes messages puissent te faire un peu de bien. Ce n’est pas grand chose mais ça me satisfait de savoir que ça te fait du bien, même si c’est qu’un instant 🙂
        Merci Nat ! Et poursuis ton combat <3

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